Un diagnostic sécuritaire partagé à l’échelle nationale
La conférence de presse animée le 7 novembre 2025 par Donald Mobobola, président du Mouvement des Jeunes Présidentiels (MJP), s’est rapidement hissée au rang de baromètre politique sur la question sécuritaire. Face à la presse nationale et aux représentants d’organisations de jeunesse, le leader a dressé un état des lieux qu’il qualifie de « réaliste et sans concession » : la criminalité de rue, incarnée par les « Bébés noirs » et les « Kulunas », a longtemps mis en péril le capital de confiance indispensable au développement du Congo-Brazzaville. En saluant les réponses du gouvernement et, plus précisément, l’action de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP), le MJP revendique une approche dépassionnée, fondée sur la protection du citoyen avant tout débat partisan.
- Un diagnostic sécuritaire partagé à l’échelle nationale
- DGSP : pilier opérationnel de la sûreté intérieure
- Garanties juridiques et éthique de l’action régalienne
- Mobilisation citoyenne et rôle catalyseur du MJP
- SNPC : responsabilité sociale et effets induits sur la sûreté
- Ouverture vers Moscou : diplomatie sécuritaire en construction
- Vers une culture permanente de la sécurité partagée
DGSP : pilier opérationnel de la sûreté intérieure
Sous l’impulsion directe du chef de l’État, la DGSP a étoffé ses capacités d’intervention urbaine ; elle s’appuie sur un dispositif mixte, associant unités motorisées, équipes cynophiles et cellules de renseignement de proximité. Aux dires de Donald Mobobola, cette force « rend à nos quartiers la sérénité d’antan ». Les statistiques communiquées par le ministère de l’Intérieur corroborent ces propos : depuis le lancement de l’opération, les agressions à l’arme blanche ont chuté de 42 % à Brazzaville et de 38 % à Pointe-Noire. Loin de se contenter d’une réponse musclée, la DGSP investit également le champ préventif ; des programmes de sensibilisation aux risques de la délinquance sont conduits dans les établissements scolaires en binôme avec la Gendarmerie nationale.
Garanties juridiques et éthique de l’action régalienne
Pour le MJP, le succès d’une campagne antifraude ou antibanditisme se mesure autant à son efficacité qu’au respect scrupuleux des droits fondamentaux. Donald Mobobola rappelle que « tout excès entamerait la légitimité de l’opération ». D’où trois garde-fous formalisés : prohibition de toute récupération politique, refus des règlements de comptes individuels et stricte identification des suspects. Des magistrats de permanence accompagnent ainsi les patrouilles dans les secteurs jugés sensibles, tandis que des officiers de police judiciaire veillent à la traçabilité des procédures. Ce cadre normatif, appuyé par les organisations de la société civile, contribue à préserver la confiance entre forces de l’ordre et population, élément clé de la collecte de renseignement humain.
Mobilisation citoyenne et rôle catalyseur du MJP
Au-delà du soutien aux forces, le mouvement présidé par Donald Mobobola ambitionne de transformer la jeunesse en acteur de résilience. Des clubs de vigilance communautaire sont en cours de déploiement dans les neuf arrondissements de la capitale. Encadrés par d’anciens réservistes, ces cellules renseignent en temps réel les autorités sur les signaux faibles de violence. L’initiative s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de sécurité participative, déjà testée dans plusieurs villes de la CEMAC. « La sécurité est une cause nationale, non l’apanage d’un camp », insiste le leader, reprenant le fil d’un discours qui appelle l’opposition à rejoindre un consensus minimal au nom de l’intérêt général.
SNPC : responsabilité sociale et effets induits sur la sûreté
Le président du MJP a tenu à souligner la contribution de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC). En finançant des projets d’adduction d’eau, de rénovation d’infrastructures scolaires et de formation professionnelle, l’entreprise publique s’attaque aux racines socio-économiques de la délinquance. L’amélioration des conditions de vie réduit, selon un rapport interne du ministère du Plan, la propension des jeunes au recrutement par les gangs de rue. Ce volet civil s’avère donc complémentaire des opérations coercitives et illustre une approche globale, où développement et sécurité se renforcent mutuellement.
Ouverture vers Moscou : diplomatie sécuritaire en construction
Annonçant la venue prochaine d’une délégation officielle de la Fédération de Russie, Donald Mobobola confirme la dimension internationale de son agenda. L’échange portera notamment sur la formation d’instructeurs, la maintenance d’équipements de protection et la cybersécurité électorale. Brazzaville mise sur l’expertise russe pour renforcer les capacités nationales sans grever son budget ni compromettre ses partenariats traditionnels. Le MJP s’affiche ainsi comme partie prenante d’une diplomatie d’influence pragmatique, alignée sur la ligne directrice du président Denis Sassou-Nguesso : diversification des coopérations et autonomie stratégique.
Vers une culture permanente de la sécurité partagée
En clôture, le leader du MJP a réaffirmé son soutien « sans réserve » à la candidature du président Denis Sassou-Nguesso, estimant que paix et stabilité constituent le socle de tout projet de développement. Cette déclaration s’inscrit dans une logique de continuité républicaine ; elle assoit le rôle du MJP comme force d’appoint aux institutions, mais aussi comme vecteur d’adhésion populaire aux politiques de sécurité. Reste à pérenniser l’élan actuel en institutionnalisant les échanges entre autorités, forces de sécurité et société civile. Dans cette perspective, la conférence du 7 novembre aura servi de catalyseur : elle consacre l’idée, désormais largement partagée, que la sûreté des Congolais transcende les clivages et s’érige en valeur commune.
