DGSP-Garde républicaine : 308 promus à Kintélé

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Kintélé : une cérémonie au cœur des structures présidentielles

Le 10 janvier, au parking du complexe sportif de la Concorde de Kintélé, une cérémonie de port d’insignes a réuni les personnels des structures opérationnelles de la Présidence de la République. Placé sous la présidence du conseiller spécial du président de la République et directeur général de la sécurité présidentielle (DGSP), le général de brigade Serge Oboa, l’événement a consacré la progression de carrière de militaires, gendarmes et policiers engagés au quotidien dans des missions de protection, de sûreté et d’appui opérationnel au plus près des institutions.

Au-delà du protocole, ce type de rendez-vous est, dans les forces, un acte de commandement. Il matérialise la reconnaissance d’un parcours, mais rappelle également que le grade n’est pas un attribut honorifique : il correspond à un niveau d’autorité, à une responsabilité accrue et à une exigence renforcée, particulièrement dans des unités dont la vocation est la sécurisation des hautes autorités et des sites sensibles.

Promotions DGSP et Garde républicaine : l’architecture des grades

Au titre du 1er trimestre 2026, 308 éléments de la force publique servant à la DGSP et à la Garde républicaine (GR) ont été promus. La ventilation des grades souligne la diversité des profils concernés, des cadres de commandement jusqu’aux exécutants expérimentés qui assurent l’ossature des dispositifs.

Parmi les officiers supérieurs, 29 personnels figurent au tableau d’avancement, dont 7 colonels, 13 lieutenants et 9 commandants. Dans le rang des officiers subalternes, 25 capitaines et 35 lieutenants ont reçu leurs nouveaux insignes. Du côté des sous-officiers, la promotion a concerné 2 adjudants-majors, 97 adjudants-chefs, 73 adjudants et 44 sergents-chefs. Cette composition reflète un effort d’équilibre entre commandement, encadrement intermédiaire et chaîne d’exécution, indispensable au fonctionnement d’unités à forte intensité de service.

Discipline et sécurité intérieure : le message du général Serge Oboa

S’adressant aux promus, le général Serge Oboa a insisté sur la portée symbolique de la cérémonie, dans une séquence institutionnelle marquée par l’échéance de mars 2026. Il a explicitement rattaché l’exigence professionnelle des forces à l’orientation fixée par le chef suprême des armées, président de la République, telle que formulée lors du Réveillon d’armes 2025 : « Les élections devront se dérouler dans la paix, la quiétude et la transparence. »

Dans l’esprit du commandement, l’élévation en grade implique donc une intériorisation de la mission : accompagner les institutions républicaines et préserver l’ordre public. Le directeur général de la sécurité présidentielle a, à cet égard, averti que « nous ne tolérerons pas qu’un individu ou un groupe d’individus remette en cause la paix chèrement acquise… ». Le propos, tenu sur un registre d’autorité, renvoie à une lecture opérationnelle des responsabilités : anticiper, prévenir, encadrer et, si nécessaire, intervenir dans le cadre de la loi.

Le général Serge Oboa a également articulé son message autour du respect des procédures républicaines. À ceux qui estimeraient être lésés, il a rappelé l’existence d’un cadre prévu pour les revendications, en recourant à une formule pédagogique appelée à marquer les esprits : « Un match se joue au stade, pas dans la rue. Le stade représente pour nous les urnes. »

Dans la même continuité, il a prévenu que toute tentative de trouble à l’ordre public rencontrerait la réaction des forces, selon des modalités présentées comme strictement conformes à l’application de la loi : « Ceux qui oseront ou tenteront de troubler l’ordre public croiseront notre chemin. Nous ne ferons qu’appliquer la force de la loi, ce sera sans état d’âme. S’il y a recours, ce n’est pas dans la rue. » En filigrane, l’allocution dessine une doctrine de posture : fermeté, dissuasion et rappel constant du canal électoral comme voie légitime d’expression.

Professionnalisation : le témoignage du colonel Benoit Macaire Dimi Obissi

Au nom des récipiendaires, le colonel Benoit Macaire Dimi Obissi, lui-même promu, a exprimé des remerciements au commandement des structures opérationnelles du président de la République. Son intervention, sobre, a mis en avant une éthique de service fondée sur le travail et la loyauté : « Je serai travailleur et loyal au commandement des structures opérationnelles du président de la République. »

Le colonel Benoit Macaire Dimi Obissi a également éclairé, de l’intérieur, les critères d’avancement, évoquant « la durée, l’école de guerre… » et le fait de réunir ces conditions, tout en soulignant que nombre de ses camarades partagent des trajectoires comparables, « parce que nous sortons des mêmes écoles ». Dans un environnement où la qualité de l’encadrement conditionne la sécurité des dispositifs, ce rappel de la formation et de l’expérience traduit une volonté de consolider la professionnalisation des unités concernées.

Parade finale : cohésion, visibilité et esprit de corps

La cérémonie s’est achevée par une parade militaire, moment codifié qui dépasse l’effet d’apparat. Dans les forces, la parade est un langage : elle exprime la cohésion, l’alignement des chaînes hiérarchiques et la disponibilité opérationnelle. Elle donne aussi, à l’attention des personnels, un signal de reconnaissance institutionnelle et, à l’attention du public, une image de discipline et d’ordre.

À l’approche de l’échéance de mars 2026, la séquence de Kintélé apparaît ainsi comme un acte de structuration interne autant qu’un jalon de communication stratégique. En consacrant 308 promotions au sein de la DGSP et de la Garde républicaine, le commandement réaffirme que la stabilité se construit d’abord par des personnels formés, responsabilisés et pleinement conscients de la centralité du cadre légal dans l’action de sécurité intérieure.

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