Brazzaville : un point de presse au prisme sécurité
À Brazzaville, le 7 janvier, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Venezuela au Congo, Mme Laura Evangelia Suarez, a exprimé sa préoccupation face à ce qu’elle a qualifié d’invasion du territoire vénézuélien, survenue dans le contexte de l’arrestation du Président Nicolas Maduro. Dans une séquence qu’elle présente comme une atteinte grave à la souveraineté, la diplomate a choisi le format du point de presse afin de fixer, dans un cadre public, une lecture avant tout juridique et sécuritaire de l’événement.
- Brazzaville : un point de presse au prisme sécurité
- Souveraineté et droit international : la ligne de l’ambassadrice
- Institutions vénézuéliennes : architecture des « cinq pouvoirs »
- Conseil de la défense : activation des leviers régaliens
- Transition intérimaire : décision du Tribunal suprême
- Assemblée nationale 2026-2031 : séquence institutionnelle et serment
- Soutiens internationaux : ONU, UA et défense de la Charte
- Échéance judiciaire du 17 mars : vigilance et gestion de crise
Pour un lectorat attentif aux équilibres de défense et de sécurité intérieure, cette prise de parole met en lumière la manière dont une crise politico-institutionnelle, dès lors qu’elle implique l’intégrité territoriale et la privation de liberté d’un chef d’État, peut être interprétée comme un fait à haute intensité stratégique. Mme Laura Evangelia Suarez a insisté sur les implications en matière de droit international, rappelant que, selon elle, les actions en cause se situent à rebours des normes qui structurent l’ordre multilatéral.
Souveraineté et droit international : la ligne de l’ambassadrice
Au cœur de l’argumentaire de Mme Laura Evangelia Suarez figure une dénonciation explicite de la situation du Président Nicolas Maduro, qu’elle dit se trouver « comme prisonnier dans le territoire américain ». Par cette formulation, la représentante vénézuélienne fait basculer le dossier du registre politique vers celui, plus sensible, de la sécurité des institutions et de la protection des autorités constitutionnelles, enjeux auxquels les états-majors et les appareils de sécurité accordent une attention particulière.
La diplomate a soutenu que la dynamique à l’œuvre contrevient « à toutes les lois internationales ». Dans le langage de la défense, cette affirmation renvoie à une question structurante : celle de la légitimité des actions transfrontalières et des mécanismes de coercition. La séquence décrite, si elle est comprise comme une atteinte au territoire et à la continuité de l’État, invite à interroger les lignes rouges que les organisations internationales et les États considèrent comme non négociables, notamment en matière d’indépendance politique et d’intégrité territoriale.
Institutions vénézuéliennes : architecture des « cinq pouvoirs »
Mme Laura Evangelia Suarez a défendu l’idée d’un système démocratique vénézuélien « aux bases solides », articulé autour de cinq pouvoirs : législatif, exécutif, judiciaire, moral et électoral. Dans une perspective de sécurité nationale, l’insistance sur cette architecture institutionnelle n’est pas neutre : elle vise à démontrer l’existence de mécanismes de résilience et de continuité, même en situation de contrainte, afin d’éviter une rupture qui pourrait entraîner une déstabilisation plus large.
La diplomate a également rappelé que la constitution « va à l’encontre de tout ce qui est tentative de prendre le pouvoir par la force ». Cette précision, rapportée dans un contexte d’arrestation et de contestation, renvoie aux doctrines de prévention des changements anticonstitutionnels et aux enjeux de maintien de l’ordre constitutionnel. Dans les États modernes, la sécurité intérieure ne se limite pas à l’action policière ; elle inclut la protection du cadre légal qui borne l’usage de la force et l’encadrement des transitions politiques.
Conseil de la défense : activation des leviers régaliens
Selon Mme Laura Evangelia Suarez, une réunion du Conseil de la défense, « composée de cinq pouvoirs », s’est tenue avec la participation des ministères de la Défense, de l’Intérieur et d’autres départements ministériels. Dans le champ défense-sécurité, ce passage est central : il décrit une coordination interinstitutionnelle, typique des périodes de crise, où l’objectif affiché consiste à préserver la continuité de l’État et à décider des mesures conformes au droit interne.
La décision rapportée est celle « d’appliquer les lois de la constitution ». Présentée comme une réponse ordonnée, elle suggère un choix de gestion de crise par le droit, plutôt que par l’improvisation. Pour les praticiens de la gouvernance sécuritaire, ce type de séquence éclaire le rôle des instances de défense dans un cadre non strictement militaire : elles peuvent contribuer à l’appréciation de situation, à la coordination des ministères régaliens et à la sécurisation du fonctionnement des institutions.
Transition intérimaire : décision du Tribunal suprême
Mme Laura Evangelia Suarez a déclaré : « C’est dans ce sens que le tribunal suprême a pris la décision que la vice-présidente prenne les rênes du pouvoir comme présidente par intérim, suite à l’absence forcée, à l’enlèvement illégal du Président constitutionnel et légitime. » Ce point, tel qu’énoncé, vise à établir un fil de continuité institutionnelle et à ancrer l’intérim dans une décision d’autorité judiciaire suprême.
Dans une lecture orientée défense, cette étape est souvent déterminante pour la stabilité : en période de contrainte, la capacité d’un État à produire une chaîne de décision reconnue, et à la faire fonctionner sans fragmentation, conditionne la robustesse de ses dispositifs de sécurité intérieure. L’enjeu n’est pas seulement symbolique ; il concerne la capacité des administrations, forces de sécurité et structures de commandement à agir sous une autorité identifiée, évitant toute concurrence de légitimité.
Assemblée nationale 2026-2031 : séquence institutionnelle et serment
La diplomate a situé la suite du processus dans le calendrier parlementaire. Elle a rappelé que « chaque cinq janvier, comme d’habitude, l’assemblée nationale fait son entrée parlementaire », en précisant que cela coïncide avec la rentrée de la période 2026-2031. Elle a ajouté : « Il y a eu l’élection du bureau de l’assemblée; une fois que ce bureau est élu, c’est en ce moment que la présidente par intérim prêtera serment devant le parlement. »
Mme Laura Evangelia Suarez a présenté cette séquence comme « une preuve du bon fonctionnement de la démocratie et du pouvoir au Venezuela ». Dans un contexte de crise, la tenue de procédures formelles, l’élection d’un bureau et la prestation de serment peuvent être interprétées comme des signaux de normalisation institutionnelle. Pour les acteurs de la sécurité, ces repères comptent : ils contribuent à réduire l’incertitude, à structurer la communication de crise et, le cas échéant, à prévenir l’extension d’une crise politique vers des troubles de sécurité intérieure.
Soutiens internationaux : ONU, UA et défense de la Charte
Mme Laura Evangelia Suarez s’est dite satisfaite de déclarations émanant de l’ONU, du « mouvement des pays nord-américains », de l’Union africaine, de la Cedeao, ainsi que du groupe des amis pour la défense de la Charte des Nations Unies. Cette référence à des cadres multilatéraux met l’accent sur l’argument de légalité internationale, mobilisé ici comme une forme de protection politique et diplomatique.
Elle a également relayé un message attribué au ministère des Affaires étrangères, selon lequel le Venezuela « réaffirme sa vocation de paix et de coexistence pacifique » et aspire à « vivre sans menaces extérieures », dans un environnement de respect et de coopération. Dans l’univers défense, ces déclarations ne sont pas seulement déclaratives : elles cherchent à inscrire la crise dans un registre de désescalade, à préserver des canaux de dialogue, et à rappeler que la sécurité collective repose sur la reconnaissance mutuelle des souverainetés.
Échéance judiciaire du 17 mars : vigilance et gestion de crise
Enfin, il a été indiqué que « le jugement du Président Nicolas Maduro aura lieu le 17 mars prochain ». En matière de gestion de crise, l’annonce d’une échéance fixe constitue un jalon autour duquel se reconfigurent la communication politique, les postures de sécurité et la préparation des institutions.
Sans extrapoler au-delà des éléments disponibles, cette date apparaît, dans le récit porté par Mme Laura Evangelia Suarez, comme un repère susceptible d’influer sur le climat interne et sur l’attention internationale. Pour les observateurs congolais des questions de défense et de sécurité, la séquence rappelle une réalité constante : la stabilité d’un État se joue autant dans la robustesse de ses forces que dans la capacité de ses institutions à demeurer opérantes, lisibles et adossées à des procédures reconnues.
