Pointe-Noire : le port ajuste sa concession stratégique

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Pointe-Noire, maillon portuaire de la sécurité nationale

Réuni le 12 janvier 2026 à Pointe-Noire, le comité de suivi du Contrat de concession des terminaux Vrac et conventionnel et du remorquage a tenu sa première séance de l’année. L’exercice, conduit par les représentants du Port autonome de Pointe-Noire (Papn) et de la société Alport, filiale du groupe turc Albayrak, s’inscrit dans une gouvernance de long terme, la convention liant les deux parties pour vingt-cinq ans depuis sa signature en 2024.

Au-delà de la seule administration d’un outil économique, la continuité de service d’un grand port océanique engage des paramètres de sûreté et de sécurité intérieure, notamment par la maîtrise des flux, l’organisation des manœuvres nautiques et la robustesse des infrastructures. Dans l’écosystème du Golfe de Guinée, le remorquage et la manutention, en tant que services critiques, participent directement à la fluidité des escales et à la prévisibilité opérationnelle, deux dimensions recherchées par les acteurs publics chargés de la protection des installations sensibles.

Une gouvernance « gagnant-gagnant » au cœur du contrat

Le directeur général du Papn, M. Séraphin Bhalat, a rappelé l’esprit qui fonde ces rencontres périodiques : « Notre convention signée entre le Papn et Alport prévoit de nous retrouver deux fois l’année pour voir quelles sont les mesures correctives qui peuvent être prises, pour faire en sorte que la convention soit mise en œuvre dans un principe “gagnant-gagnant”. » Cette logique vise à sécuriser, dans la durée, les intérêts du concédant et du concessionnaire, tout en assurant la stabilité du cadre d’exploitation.

Le directeur général d’Alport, M. Yunus Yilmas, a partagé une lecture convergente en intervenant dans le même sens. Pour les observateurs des politiques de sécurité des infrastructures, l’existence d’un comité de suivi structuré constitue un mécanisme de pilotage utile : il permet de traiter les écarts de mise en œuvre par le dialogue et, partant, de limiter les zones grises susceptibles d’affecter la continuité des opérations ou la clarté des responsabilités.

Points opérationnels : plan stratégique et phase ferme attendus

Les échanges ont porté sur plusieurs questions identifiées comme structurantes pour l’état de mise en œuvre de la concession. Parmi elles figure l’indisponibilité du plan stratégique de développement du concessionnaire. Dans un environnement portuaire, un tel document a vocation à donner de la visibilité sur les priorités d’investissement, la trajectoire capacitaire et l’ordonnancement des actions, autant d’éléments qui conditionnent l’anticipation des besoins et la préparation des services.

Autre sujet discuté : le non-démarrage des travaux de la phase ferme. En pratique, l’enclenchement de cette séquence représente un marqueur important de la dynamique contractuelle. Pour les services publics concernés par la sûreté portuaire, la question n’est pas uniquement économique ; elle touche aussi à la disponibilité des installations, à l’organisation des zones d’exploitation et, plus largement, à la résilience de la plateforme face à des contraintes d’activité ou à des incidents. Les participants ont ainsi examiné, dans le cadre du comité, les éléments de situation liés à ces points.

Périmètre concédé : le traitement des conventions existantes

La réunion a également abordé le sort des conventions se trouvant sur le périmètre concédé à Alport. Ce sujet, par nature technique, renvoie à l’articulation entre des engagements antérieurs et les règles d’exploitation issues du contrat de concession. Pour un port, la lisibilité des droits et obligations attachés à chaque zone et à chaque service revêt un intérêt direct en matière de contrôle, de sûreté et d’exploitation, car elle réduit les risques de frictions opérationnelles.

Dans un cadre où se côtoient manutention, stockage, accès et remorquage, la clarification du périmètre et des conventions associées participe à la rationalisation des procédures. Elle contribue aussi à préserver la cohérence de la chaîne de commandement fonctionnelle sur les opérations portuaires, notamment lorsqu’il s’agit de coordonner les mouvements et d’éviter les incertitudes susceptibles de retarder une intervention ou une décision.

Redevances, transferts et charges sociales : clarifications attendues

À l’issue des assises, d’autres questions ont été examinées, notamment la clarification des redevances de concession et la clarification des redevances transférées. Les discussions ont également porté sur le remboursement des frais engagés pour le paiement des salaires des agents transférés, ainsi que sur les prêts accordés aux salariés transférés. Ces volets, à la fois financiers et sociaux, pèsent sur la soutenabilité d’une concession et sur la qualité du climat de travail, facteur souvent déterminant pour la fiabilité des opérations.

Pour les autorités en charge de la sécurité intérieure, ces sujets ne sont pas périphériques : une organisation portuaire stable, dotée de règles financières explicites et de modalités de transfert maîtrisées, réduit les tensions et favorise la continuité de service. Dans un site où la sûreté dépend de routines opératoires bien tenues et d’équipes disponibles, la capacité à traiter ces points avec méthode constitue un élément de solidité institutionnelle.

Un comité de suivi comme instrument de stabilisation des services critiques

Composé de représentants du Papn et d’Alport, le comité de suivi se réunit à l’initiative de la partie la plus diligente. La tenue de cette première réunion annuelle 2026 s’inscrit ainsi dans un calendrier de revue prévu par la convention, avec l’objectif d’identifier les mesures correctives nécessaires, au besoin, pour rapprocher l’exécution du contrat de ses attendus.

Dans une lecture « défense & sécurité », ce type de mécanisme de concertation contribue à encadrer l’exploitation de services portuaires sensibles, tels que le remorquage et la gestion des trafics vracs et conventionnels. En consolidant la clarté des engagements, en traitant les blocages identifiés et en s’attachant à un principe « gagnant-gagnant » rappelé par les dirigeants des deux parties, la gouvernance de la concession participe à la prévisibilité d’un hub maritime dont la performance et la sûreté intéressent, par ricochet, l’ensemble de l’architecture nationale de protection des infrastructures stratégiques.

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