Planification sécuritaire présidentielle 2026
Sous l’autorité directe du président Denis Sassou Nguesso, chef suprême des armées, l’état-major général a ouvert, dès janvier, un cycle de planifications destiné à encadrer la sécurisation de l’élection attendue en mars 2026. La conférence initiale, pilotée par le général Guy Blanchard Okoï, a arrêté une méthodologie articulant veille stratégique, posture dissuasive et soutien logistique aux organes électoraux. « Notre ambition est de rendre la menace électorale asymétrique inopérante par l’anticipation », a résumé le chef d’état-major, insistant sur la coordination inter-services qui associe Armée de terre, Gendarmerie nationale, Police et directions du renseignement.
- Planification sécuritaire présidentielle 2026
- Recrutement et préparation opérationnelle des troupes
- Police et gendarmerie : montée en puissance territoriale
- Frontières numérisées et lutte contre les trafics
- Académie de lutte contre la criminalité environnementale
- Coopération internationale et crédibilité stratégique
- Un lien Armée-Nation renforcé à l’approche du scrutin
Recrutement et préparation opérationnelle des troupes
Le contingent 2023, incorporé selon un échéancier rigoureux, poursuit son continuum de formation. Les soldats de la vague A, déjà insérés dans les corps de troupes, consolident leurs spécialisations—appui génie, transmissions, santé—tandis que la vague B parachève sa formation complémentaire au Centre d’instruction de Mboumbou. Les recrues les plus récentes accomplissent, pour leur part, la formation commune de base, socle doctrinal où se forgent discipline et loyauté constitutionnelle. L’objectif affiché est de disposer d’unités aguerries, aptes à des déploiements ponctuels sur l’ensemble du territoire afin de prévenir toute velléité de perturbation du scrutin.
Police et gendarmerie : montée en puissance territoriale
Au sein du ministère de l’Intérieur, la Police et la Gendarmerie ont présenté au drapeau leurs nouveaux effectifs. Ces jeunes cadres entameront dès le mois prochain un cursus professionnel d’un an axé sur le maintien de l’ordre républicain, la police judiciaire et l’usage proportionné de la force. Parallèlement, la première compagnie du génie travaux, encore en phase d’opérationnalisation, renforcera les capacités de franchissement et d’aménagement d’emprises temporaires autour des bureaux de vote isolés. Le haut commandement souhaite ainsi conjuguer présence dissuasive et accompagnement socio-économique, facteur de confiance entre population et institutions.
Frontières numérisées et lutte contre les trafics
La maîtrise des flux transfrontaliers constitue un maillon déterminant de la sécurité électorale. Les postes de Ngamaba, Makoua et Tchiamba-Nzassi bénéficient désormais d’un guichet unique biométrique interconnecté au système central de vérification d’identité. Ce saut technologique, financé en partie grâce au Fonds de solidarité africaine, a déjà permis la saisie de plusieurs cargaisons de psychotropes et de munitions artisanales. « La frontière n’est plus une ligne mais une interface numérisée », souligne un officier de la Direction générale de la surveillance du territoire, convaincu que la traçabilité des mouvements humains est un gage de transparence du processus électoral.
Académie de lutte contre la criminalité environnementale
Lancée à Oyo le 3 novembre 2025, l’Académie internationale dédiée à la criminalité environnementale s’affirme comme un instrument de souveraineté élargie. Outre sa vocation de formation, l’établissement alimentera les bases de données du Centre national de renseignement et proposera des modules sur la cyber-traçabilité des ressources naturelles. À court terme, cette expertise sera mobilisée pour déjouer les tentatives éventuelles de financement illicite de réseaux de déstabilisation durant la période électorale. L’approche croise ainsi sécurité intérieure et protection du patrimoine écologique, deux piliers de la stratégie nationale.
Coopération internationale et crédibilité stratégique
La diplomatie de défense congolaise a consolidé, en 2025, un réseau de partenariats opérationnels qui ira au-delà de la seule période électorale. Les formations à la gestion de foules dispensées par des instructeurs marocains, les modules de secourisme de combat offerts par la France et l’accompagnement satellitaire du Brésil dans la surveillance côtière illustrent cette posture d’ouverture. Pour le général Okoï, « l’excellence de nos coopérations rejaillit directement sur la confiance de nos concitoyens dans la capacité de l’État à sécuriser chaque bulletin de vote ». Par effet miroir, la crédibilité internationale du Congo se trouve renforcée, façonnant un climat d’affaires plus serein.
Un lien Armée-Nation renforcé à l’approche du scrutin
Au-delà de la dimension strictement coercitive, la Force publique multiplie les actions civilo-militaires. Les opérations d’assainissement menées à Brazzaville et Pointe-Noire, la rénovation de points d’eau dans les quartiers périphériques ou encore l’appui sanitaire mobile contribuent à cimenter l’unité nationale. L’année 2025 a également célébré le cinquantenaire de l’intégration des femmes en uniforme, rappelant le rôle moteur des officières et sous-officières dans la modernisation des forces. À l’heure où s’approche la présidentielle, cet enracinement sociétal consolide la résilience collective et réduit le terrain d’expression de la rumeur, de l’intimidation ou de la violence politique.
