RDC au Conseil de sécurité ONU : ce qui change

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Un retour de la RDC au Conseil de sécurité après 35 ans

La République démocratique du Congo (RDC) a entamé, le 1er janvier, un mandat de deux ans en qualité de membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU). Ce retour au sein de l’organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales intervient après 35 ans d’absence et réinstalle Kinshasa dans un espace central de délibération stratégique et de coordination diplomatique.

Déjà élue à deux reprises, au début des années 1980 puis au début des années 1990, la RDC retrouve une configuration où la parole des États africains, au Conseil, est scrutée et recherchée. Pour les appareils de sécurité et de défense, ce type de mandat constitue également une séquence d’apprentissage institutionnel : il impose une capacité à suivre des dossiers complexes, à articuler des positions, et à soutenir un tempo de négociations soutenu au sein des formats onusiens.

Sécurité à l’est de la RDC : un contexte qui pèse sur l’agenda

Ce retour s’opère dans un contexte marqué par une situation sécuritaire préoccupante dans l’est du pays. Sans préjuger des arbitrages que la RDC portera à New York, la conjoncture rappelle que les débats du Conseil ne sont pas seulement juridiques ou diplomatiques : ils engagent des questions de stabilisation, de protection des populations, de circulation des armes et de coordination avec les instruments multilatéraux disponibles.

Pour les forces et services concernés, l’entrée au Conseil de sécurité peut aussi offrir un cadre plus structuré d’échanges, de consultations et d’alignement des priorités, en lien avec les discussions sur les mandats, les mécanismes de suivi et les dynamiques régionales. Dans les enceintes onusiennes, la précision des diagnostics et la constance des messages comptent autant que la solennité des prises de parole.

Composition du Conseil de sécurité : les nouveaux non-permanents

Aux côtés de la RDC, le Libéria, la Colombie, la Lettonie et le Bahreïn siègent également comme membres non permanents jusqu’au 31 décembre 2027. Ces cinq États rejoignent les pays élus un an plus tôt au même statut, à savoir le Danemark, la Grèce, le Pakistan, le Panama et la Somalie, dont le mandat court jusqu’en 2026.

L’ensemble de ces dix membres non permanents complète la composition du Conseil de sécurité aux côtés des cinq membres permanents : la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Pour les diplomaties de sécurité, cette configuration fixe le cadre des équilibres, des coalitions de circonstance et des convergences thématiques susceptibles d’influencer l’inscription de certains sujets à l’ordre du jour et la formulation des textes.

Représentation africaine : trois sièges et une visibilité accrue

Avec l’entrée de la RDC, le nombre de pays africains représentés au Conseil de sécurité est porté à trois. Ce détail arithmétique a, en pratique, une portée politique : il renforce la capacité du continent à faire valoir, avec davantage de continuité, des lectures régionales des crises et des priorités de sécurité, tout en demeurant dans le cadre des procédures et du calendrier du Conseil.

Pour l’Afrique centrale, l’enjeu réside aussi dans la cohérence des messages entre partenaires, l’articulation des préoccupations de sécurité et la qualité des échanges diplomatiques. Dans un environnement où les positions s’évaluent à l’aune de leur stabilité et de leur précision, la multiplication des interlocuteurs africains au Conseil peut contribuer à densifier les consultations et à mieux faire entendre certaines réalités du terrain.

Présidence tournante de juillet 2026 : une séquence à forte valeur opérationnelle

Selon l’ONU, la RDC assurera en juillet 2026 la présidence tournante du Conseil de sécurité. Cette fonction implique la conduite des réunions, la fixation de l’ordre du jour et l’animation des consultations diplomatiques. En termes de méthode, la présidence n’est pas un simple rôle protocolaire : elle demande une maîtrise des procédures, une gestion fine des sensibilités et une capacité à organiser le travail de manière efficiente.

Pour un État membre non permanent, cette séquence constitue une opportunité de démontrer la solidité de son dispositif de suivi des crises et de sa coordination interinstitutionnelle, notamment entre la diplomatie et les structures de sécurité. Elle offre également une fenêtre pour mettre en avant une approche ordonnée des débats, en privilégiant la rigueur, la lisibilité des priorités et le respect des équilibres inhérents au Conseil.

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